Journal de bord du Capitaine Slipman...
Il y a en ce moment des vents contraires qui nous empêchent d'avancer. Le début de la traversée du meeting fait toujours ça. Il faut que les forces en présence se
précisent. Les armateurs s'observent, et ce sont des seconds couteaux qui se font tirer les marrons du feu. Du coup, nous on prend des gnons parcequ'on y va de bon coeur, à l'ancienne,
sabre au clair, la chemise rouge et yallah!
Dimanche, la Queen est repassée nous voir. Elle volait littéralement, et c'était magnifique. Un caribéen n'a pu que la voir passer. Ou était-ce un caribou? Avec Pascalou, nous avons profité d'une
accalmie pour aller contempler notre trésor, au milieu du Charolais. Je sais, mon histoire est embrouillée mais tout s'éclairera un jour.
Lundi, nous avons assisté à un sabordage comme il en arrive peu. Nous avons croisé un énorme gallion nommé le Scipion. De loin, il paraissait magnifique, mais il s'est avéré qu'il était en fait
rempli de poudre, et qu'en plus son capitaine fumait comme l'équipe de RdB un jour de Calèche. Il a explosé sans que personne n'y comprenne rien. Je crois qu'il y a eu quelques marchands d'armes
qui se sont révolverisés à la suite de ce naufrage. On a regardé ça béats, pendant que la Surabaya, les cales pleines d'étoffes nous filait sous le nez. Elle, ça fait deux fois qu'on la loupe.
C'est une maligne, et le prochain coup elle sera attendue.
Mardi, rien de notable si ce n'est que les plus perspicaces d'entre vous auront apprécié un beau numéro de flibuste. Là, je dis respect. Il y a de vrais forbans sur ces mers troublées.
Mercredi nous avons tenté deux abordages, et nous avons été remis à la mer proprement. Du coup, on a plus grand' chose à becqueter et ça fait des longues journées. Heureusement que les réserves
de rhum sont intactes. On va en avoir besoin.
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