Dimanche 23 août 2009
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L'an passé, j'étais à la lettre "o" de mon parcours hippique. O comme Ovadia. Je m'étais procuré, au gré de ma quête de lectures éclairantes, un petit manuel qui
s'intitulait sobrement "jouer et gagner aux courses". Lionel Ovadia, son auteur, nous y détaillait les secrets nécessaires aux turfistes néophytes, dont j'étais, je dois bien l'avouer, avant cette
découverte. Ou plutôt, je savais beaucoup de choses mais je les exploitais mal. Cet ouvrage est un des piliers de ma façon de jouer, et je m'y replonge avec joie de temps à autre, avec autant de
délice que dans un Maupassant, tant les images qu'il suscite sont teintées de vécu. C'est qu'il a dû en prendre, des raclées, le Lionel. Mais passons.
Convaincu que cet homme savait le dessous des cartes, j'avais pris l'habitude de téléphoner à la boîte vocale de Radio France pour avoir les pronos de Lionel, et parfois aussi ceux de Darras. Cela
n'existe plus désormais, et c'est bien dommage car je n'appelerai pas au 3662, question de loyauté envers le service public.
Ainsi, donc, le matin du 24 Août 2008, je passais mon coup de fil quotidien à 1 euro la minute à Lionel. Celui ci me sussura "Lady Marian" à l'oreille, qui venait de faire deuxième du Diane
Allemand. Vous verifierez, mais la deuxième du Diane Allemand, c'est toujours très bien, cette année encore mais je ne sais plus qui c'est. C'était le" Prix de la Nonette", et j'avais touché un
beau 7/1. Merci Lionel.
Le jour de l'Arc, Lady Marian courait le Prix de l'Opera. Elle passait donc d'un groupe III à un groupe I. J'attendais la bénédiction de Lionel pour envoyer grave, mais à ma surprise il n'en
parlait pas dans son prono, même pas en quatre chevaux. D'où un doute puissant: mon idole ou ma chouchoute?
Je m'étais installé en configuration hippique des grands jours: journal déplié, femme et enfants briefés ("ne dérangez pas Papa, aujourd'hui c'est "l'Arc de Triomphe"). Le jour où ils
m'abandonneront à l'hospice, ils me diront:" Souviens-toi de l'Arc de Triomphe", tels des petits clovis ingrats.
La journée se passait mal, j'avais déja pris quelques belles gamelles en voulant amorcer un peu chaud, et j'étais déja au taquet au départ de "l'Opera". C'est ce qui me poussa à faire "tapis" sur
Lady Marian, en priant pour que Lionel se soit trompé, pour une fois.
Gagnante à 12/1, et dans un beau style, en allant les chercher à la fin. Regonflé à bloc, je réinvestis le pactole sur Zarkava, gagnante, qui s'envola comme vous savez, multipliant mon bénéf
par 1,6.
Depuis, Lady Marian a quitté ses teutons de propriétaires pour l'écurie Godolphin.
Un de ces jours, il faudra qu'un vétéran du type AT, Charlie ou Rogersteph nous fasse un topo sur cette écurie mystère. Ils achètent tous les bons chevaux, et quand on les voit
recourir, on dirait qu'ils ne sont plus que leur ombre, voire même qu'ils sont morts. La Lady n'a pas dérogée à la règle. C'est mon seul doute pour cet après-midi, dans le "Jean Romanet".
Mais je vais la jouer, par amour, et parceque les chevaux ont de la mémoire, et qu'elle pourrait se rappeler qu'elle fait bien Deauville.
La photo passe mal, mais là je suis fatigué, alors plissez les yeux et secouez la tête, vous aurez l'impression qu'elle galope.
Par slipman
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