Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 20:31

De la force de l'amitié.

Parceque depuis le début ce n'est que ça, je me permets d'en remettre une couche.

Quand j'ai commencé à écrire ici, j'étais très mal, je laissais mon temps et mon artiche entre le sable fibré, le gazon et le pouzzolane. Je sentais confusément qu'il y avait quelque chose à comprendre, mais je n'y arrivais pas. Personne autour de moi ne savait ce que je vivais, ni comment je le vivais. Et ce n'était pas bien. J'étais partagé entre des sentiments contradictoires. Flamber, c'est mal, surtout si tu perds. Mais jouer, je n'ai rien rencontré d'aussi fort en restant à jeûn.

On nous vend une dualité. On nous dit: "tu joues, c'est mal et tu vas perdre. C'est une spirale dont on ne sort que d'un coup sec, brutalement, en arrêtant tout, on quitte sa famille et ses amis, pour faire simple." C'est stop ou encore.

Les trucs pliés d'avance, à part le Bazire de la sixième, je n'y crois pas. Alors je me suis levé, et j'ai cherché, avec les moyens (modernes) que j'avais. Et je vous ai trouvés. J'ai trouvé un Frédo, j'ai trouvé un Pascalou, puis un Rogersteph, et un Charlie, Un Astro, un Sermar, un Bobby, un Arno, un Braséro et d'autres encore. Au final, je me suis découvert une famille, qui avait en commun une passion, mais aussi un savoir, une façon de voir la Vie. Et le grand Nezguich. Si je vous oublie, pardon. Tout ça est si bon, j'en redemande. Et AT, et Hypo, et Gaspard. Je n'en reviens toujours pas, chaque nouveau lecteur apporte sa pierre, prend sa pioche ou son bâton de pèlerin. Alors je fonce. S'arrêter? Quelle horreur. On va essayer d'avancer encore et encore. Merci à Mathieu de nous insuffler sa science et son énergie.

On casse la glace...

 

 

Un moment de détente à bord de l'imperdable

 

Sur la photo, Mathieu et Hypo prennent des harengs sous l'oeil ravi de Sermar!

Par slipman
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Mercredi 15 décembre 2010 3 15 /12 /Déc /2010 22:50

"Trop au Nord, Cap'tain, trop au Nord!"

Je me réveille en sursaut. Je vois devant moi un Rogersteph blafard en manteau de fourrure. Il fait un froid de chien dans ma cabine. Je m'extirpe de ma couchette, manque de choir en posant le pied sur une fiole de Havana Club vide, et fonce sur le pont.

 Par les nageoires de Poséidon, tout est gelé! C'est pas possible! J'avais confié la barre à...Heu...A qui déja? Me souvenir fait remonter un violent mal de crâne...Le Bobby Bear, c'est à lui que j'avais filé les commandes du rafiot. Où il est ce crétin? Ah, le voilà.

- Hé, dugueux, kes t'as fichu, t'as vu le travail? on est pris dans les glaces!

-Groumf ! Répond-il dans un haussement d'épaules.

Nous voilà frais, c'est le cas de dire. Il faut avouer qu'entre la cendrée sous la neige, la piste un coup dur un coup molle (je connais des sénateurs à qui ça le fait aussi, mais chut), les obstacles de Cagnes qui castagnent et du Pau qui en manque, la période est sombrissime. Alors, que l'Ours s'y perde aussi, ça ne m'étonne guère.

Bobby m'alpague:

-On fait quoi, Cap'tain, on attend le dégel?

 

  Coup de froid

 

-Eh bien non, les garçons....

                                                                                                               ....Vous allez piocher !

 

Par slipman
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Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 23:25

Demain vendredi, il est plus que probable que vous nous apercevrez si vous regardez Equidia. Il faudra toutefois deviner que c'est nous sous ces bonnets douteux et ces barbes hirsutes de turfistes moldaves. On y va pour, sauf contre indication formelle du Docteur Guarato, faire tonner le canon de l'imperdable et ainsi saluer Uno la Chesnaie. Alors en avant, parceque là on ne plaisante plus.

 

 

Uno-la-Chesnaie

 

 Mais l'avons-nous jamais fait?

Par slipman
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Mardi 23 novembre 2010 2 23 /11 /Nov /2010 07:21

Mille sabords!

Grand mieux à bord de l'Imperdable ces jours-ci. Le plan de Sermar, combiné à la protection du Bobby Bear, a fait se remplir à nouveau les cales de notre glorieux navire.

Du Bigeon, du Marmion (merci Nezguich), du Raffin, du Bazire. On cartonne, mes bons amis.

Bon, je trace, je dois réviser mon code maritime. Saviez vous qu'on doit aborder pas la droite, et que par gros temps la vitesse est limitée à 12 noeuds? Trop fort la loi.

 

 

Bobby the Bear fait le papier

 

 -Voilà comment ça se passe en pratique.

Par slipman
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Dimanche 14 novembre 2010 7 14 /11 /Nov /2010 22:21

Bobby Beer de face

 

 

Par les cornes du Diable!

Un vent de poisse nous souffle dans le dos. Il y en a plein la grand' voile. Le foc s'en prend plus que Magloire un jour de Love Parade. Il n'en faudrait pas plus pour qu'on démâte. Les hommes tombent à la mer les uns après les autres, et votre dévoué Capitaine a bu des tasses comme rarement. L'Imperdable craque de toutes parts, pourtant c'est un solide rafiot. Et ça ne fait que deux semaines qu'on est partis.

Bobby est passé me voir dans ma cabine, et il m'a confié la garde d'un puissant talisman, un porte bonheur qu'il tient de Bertrand Belinguier en personne. Ce fétiche se nomme le "Bobby Bear" (prononcer "Bobby Beer") et il donne de la chance plus qu'il n'en faut à ses détenteurs, en l'occurrence nous. Rassurez-vous, donc, gardez confiance en notre veine légendaire de pendus potentiels. A nous la chance, gibiers de potence!

 

 

Bobby Beer de dos

 

Et vive le Mutuel.

Par slipman
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Mercredi 27 octobre 2010 3 27 /10 /Oct /2010 21:14

Quelle délicate attention ce serait, une bonne Seize tiède en boîte en fer blanc, pour votre chevalier pariant. Et où donc et pourquoi surtout? Mais à Vincennes vendredi soir, où nous serons en puissant comité, et où j'aurai grand soif!

 Afin de protester contre les drivers qui ne prennent pas leur retraite à 67 ans, les hordes gauchisantes, mais pas que, du blog de Slipman iront hurler leurs slogans outranciers sous l'oeil livide de la caméra d'Equidia.

Vive le mutuel!

 

Le-chancelier-slipman.jpg

 

Le Chevalier Slipman se rendant aux courses.

Par slipman
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Mardi 19 octobre 2010 2 19 /10 /Oct /2010 21:13

Histoire de ne pas avoir à tourner quinze pages pour lire les commentaires. Un vieux dessin mais de saison quand même... 

 

 

grippe-porcine.jpg

Par slipman
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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 22:54

Nymphes en chapeaux

 

-Savez-vous qui j'ai croisé, ma chère? Je vous le donne en mille, Slipman himself. Il est encore plus chou avec ce petit pansement sur le sourcil!

 

Héhé, mesdemoiselles, je ne peux pas vous donner tout à fait tort...Mais approchez que je vous conte notre épopée...

 

Victime d'un terrible mal de dos, c'est après un bref massage et une double analgésie au whiskey irlandais que je rejoignais mon cousin Alexis, promu depuis quelque temps "chauffeur de maître". Merci à lui. Et merci à Ketum gel.

 

Comme toujours en retard, et définitivement fâché avec l'accès à l'hippodrome de Longchamp, c'est au départ de la troisième course que nous arrivons sur place.

 Pas de regrets puisque,dans la première, j'aurais mis Kasbah Bliss ou Blek gagnant, et que c'est Gentoo qui les a pulvérisés. Après coup, c'était d'ailleurs un joli pari. De ces coups qui semblent des évidences. L'art du turfiste est de les voir avant qu'ils soient joués.

La deuxième, c'était le Prix de L'Abbaye. Vingt et un partants, avec plein d'anglais inconnus. Pour moi, c'était impasse de toute façon. Chapeau à Marchand d'Or, qui fait quatrième et se prend un chéquos de 14 000 euros.  Je trouve ça pas mal pour un cheval qu'on croyait rasé.

Nous arrivons, disais-je, un peu avant le départ de la trois. Idéal, puisque mon coup d'amorce, celui qui te dit comment ça va se passer, était Helleborine. Montée Pasquier, je l'avais entendu dire à Deauville que c'était une pouliche excellente. Invaincue, je crois, au départ. A 1,7 contre 1, c'est cadeau, et je mets un gros billet. 

Le voyage a été long, et un besoin pressant me fait inaugurer les sanitaires. Quel interêt, me direz-vous, esthètes que vous êtes, à cette soudaine trivialité? Eh bien, à mes côté, un jeune barbu que je complimentais pour l'abondance de sa miction, me fait savoir qu'il est anglais, et qu'à ce titre il ne n'entrave mot à ce que je lui dit, et qu'en outre (manche), chez lui tout le monde pisse un litre à chaque fois. Charmante contrée, mais j'y reviendrais...

 

 

Cousin Nalex

 

Là, c'est mon cousin. Avis aux filles, ce bel hidalgo est libre.

 

Mon téléphone ne cesse de vibrer, les messages d'affection d'Hypo, Bobby ou encore Nezguich pleuvent:

- T'es où?

-Qu'est ce tu fout?

Etc...

Imperturbable, je me plante sous le grand écran pour assister à la course. Je me plante d'autant mieux qu'Helleborine est battu par Misty for me. Une anglaise, ça commence. Je sens qu'elles vont m'enerver.

 

Helleborine en tête

 

Chez Slipman, on est pas du genre qui pleure des heures sur ses échecs. On se mouche et on repart. En plus les copains attendent de l'autre côté. On traverse le tunnel. C'est comme un rituel initiatique. Une fois passé, tu ne seras plus le même... 

 

  Le tunnel

 

Aaarghh! J'ai planté une heure de boulot en sauvegardant de travers. Trop dur la vie de blogueur!

 

Nalex et moi nous engouffrons dans le tunnel. Il est bourré d'anglais pas encore bourrés. Comme le fait remarquer AT, il y a une étrange similitude entre ce tunnel et celui de sous la manche. Où la facilité tue le plaisir, c'est que dans le temps (ah, mes classes de langue chez les bretons!), pour séjourner en la perfide Albion, il fallait subir trois ou quatre heure de houle, et accepter de vomir dix fois son goûter. A présent, un coup de train et zou, t'es à Londres. Plus de charme. Autant aller en Belgique, on mange mieux et ils aiment bien les français.

 

Nous tendons notre invitation aux hôtesses. Je me permets de disgresser encore un moment, mais je dois à Hypo d'avoir pu imprimer une invit', car elles n'étaient plus accessibles sur le site de France Galop, ni ailleurs, depuis plusieurs jours. Seule une habile sauvegarde pdf du Maître nous sauva d'un injuste paiement. Le bougre a toujours un coup d'avance sur l'institution. Remarquons au passage qu'à notre époque d' "éco-responsabilité", imprimer des A4 pleine page en couleurs (j'avais paramètré noir et blanc, mais tout le monde en a-t-il fait autant?) montre une certaine inadaptation de l'institution à la tendance. On peut même parler de "coup de retard", ce qui laisse à Hypo une marge certaine.

 

Tels des papillons sortants de leur chrysalides, mon cousin et son Slipman favori (c'est moi) naissent à la lumière. Longchamp nous voilà, m'ecrie-je mentalement au point de m'assourdir de l'interieur! La lumière, oui, mais dans un Longchamp noir de monde.

 

 Noir de monde

 

Un rapide coup de fil à un des lascars, qui m'informe qu'ils vont chercher des bières. Quelle délicate attention! Ces gens ont du savoir vivre, c'est indéniable. Attendant un accueil digne de mon rang de 116 ème blogueur au rayon humour d'overblog, j'envoie mon pauvre cousin Nalex, qui, de chauffeur, est élevé illico au rang de majordome, faire la queue au bar pour nous quérir quelques sandwiches. Je l'autorise même ,exceptionnellement et sur ses deniers bien sûr, à en prendre un pour lui.

 

La Buvette

 

Et puis j'attends. J'attends les sandwiches, j'attends les bières. Et à la fin je m'agace. Mais où sont ils tous? Ah, voilà les sandwiches! Avec des copains autour! D'abords le grand Nezguich, seul turfiste à mesurer la distance classique, soit 2400 mètres, et puis Bobby, plus hirsute et souriant que jamais, et puis les innéfables Gaspard et Hypo, jumeaux de mères différentes. Cherchez l'allégorie d'un vrai copain et vous les avez les deux. C'est beau comme un Bayonne qui fume encore. Je vous jure, des gens comme ça ça fait du bien. Quand on voit ce qu'on croise.

Ici, c'est le nirvaña. Que des femmes élégantes, et ma foi (rââhh) gaulées comme c'est pas permis. Seule la bière fraîche que me tendent les camarades m'empêche des passages à l'acte qui finiraient en gifles (a slap in english).

Mais de mes vices, le jeu est un qui compte plus encore que la gaudriole, et dans la quatre court un petit cheval qui m'a déja réussi...

  

Ce cheval s'apelle Tin Horse. Traduit, cela donne cheval d'étain. Vous dire pourquoi je l'aime bien, j'en serais incapable. J'ai dû le jouer dans le passé, peut être même l'avais-je touché. Mais dans la vie d'un turfiste il y a des chevaux "amis". Ceux que vous jouez toujours au bon moment, et que vous ne jouez pas, presque par hasard, quand ce n'est pas le jour. Dernier en date, au trot, Profile de Rossi, que j'avais matraqué sur herbe à Craon, qui gagne aprés un parcours execrable ponctué d'un temps de galop et qui gagne à deux cinquante. Il recourrait ce soir à Vincennes. Occupé que j'étais à manger un merveilleux couscous, j'oublie de jouer et il est cinquième. C'est ça, un cheval "ami".

Donc, un bifton sur Tin Horse. Je sollicite les copains, mais ils sont un peu mous sur cette course. Mon cheval d'étain leur plaît peu.

Nous assistons à la course en bord de piste, et c'est avec une fierté non dissimulée que j'assiste à la troisième place de mon chouchou, au prix d'une belle remontée finale. Deux euros soixante, c'est du bonheur. Ne sous estimez pas la performance, du Nezguich ou du Hypo, ça paye pas de mine mais ça connaît son affaire. Le hasard a peu de place dans leurs jeux. Je me sens comme un pêcheur qui sortirait un sandre de vingt livres en appâtant au pastis à un concours international. Et mon festival n'est pas fini.

 

La-croupe-a-Goldi.JPG

 

On est désespèrement sur un blog de garçons. On a eu des filles à un moment mais elles ont eu peur. Le femme, c'est le foyer, la gardienne de l'âtre. Alors quand Maman elle voit Papa qui flambe le PEL sur un tocard dans la huitième, elle pète un câble. C'est normal, on peut comprendre. Et si ça rentre on lui paye des bottes et on passe pour un cador.

 Donc, puisqu'on est " entre couilles", comme on dit très vulgairement, je vous prie d'admirer un instant le galbe de la croupe sus placée. Cette puissance locomotrice, cette forme fuselée, et ce délicat frou-frou du tapis de selle. C'est une femelle, à n'en pas douter, et de la meilleure soyez-en sûrs!

C'est pour elle, en vérité, que j'ai fait le long voyage. C'est aussi pour mon frère de turf Bobby, et aussi pour les autres. Mais elle...

Bobby ne m'en tiendra pas jalousie, qui était prêt à jouer son samedi pour la voir. Aussi, quand j'ai dit aux gars :" Goldikova, elle va gagner!", j'ai été surpris de les voir hésiter. Tu sais, m'a dit Nezguich, c'est pas la course visée. Ils veulent la Breeder's Cup. Ok, j'ai dit, mais Freddy c'est un rocker, il aime la France et il veut gagner ici, pour le panache. Le panache, bon sang, on a plus que ça! Réaction molle des mecs. Anésthésie générale, et pour être franc je doute alors moi aussi. Et si ça se passait mal. L'an passé, elle avait perdu. Mais Goldi, c'est un cheval, ou une jument, "ami". Je pose un  bibif de chez tonton à la gagne. Aussi sec qu'un ordre en allemand. Et pis c'est comme ça...

 

Vous avez vu la course? Un truc de fou. La Goldi, montée aux avants postes un peu contre son gré, puis qui se met derrière un dos au début de la ligne droite, un peu à la surprise générale. Un mauvais jour? Elle a plus de gaz? Mais attendez, elle deboîte, elle double, elle file au poteau...Paco Boy arrive, il l'attaque? Non, elle repart, elle est la plus forte!

Une clameur incroyable accompagne sa victoire. Le décor bouge dans tous le sens. On a le sentiment d'avoir vu un truc peu commun. Les gars sont tout joyeux, et en même temps un peu tristes de pas y avoir cru. Ils font pareil quand je leur dis que Dieu existe. C'est qu'à ce moment, avec mon ticket gagnant, j'ai des allures de prophète. J'essaye de choper Goldikova et Olivier Peslier à leur passage devant les tribunes, re-clameur et aplaudissements. Une ambiance de liesse. C'est beau les courses!

 

 

Goldikova

 

Deux euros trente en finale. Quand on voit la manière, la ruse et la sang-froid de Peslier, c'est cadeau. Mon concept de "cheval ami" sera bientôt enseigné dans les écoles de Turf.

Au passage, quand vous êtes ami avec un cheval, il faut garder à l'esprit qu'il ne peut, sauf rare exception, gagner toutes les courses. Parfois, ne pas le jouer, c'est renforcer l'amitié.ll ne vous en voudra pas, et quand vous le toucherez gagnant, vous planerez comme Plastic dans la chanson.

 

Nous venons d'assister au Prix de La Forêt. Pardon, le "Qatar-Prix de la Forêt". Rendons aux émirs ce qui appartenait à César. Ils trônent dans les tribunes, mais en costards, pas en "gandoura". On voit pas trop leur copines, à ces mecs. Mais nous c'est pas mieux. Faut avouer que ça manque. Les anglais sont visiblement plus doués. Nous qui nous prenons pour des Don Juan -ah mince, il devait être espagnol- en sommes pour nos frais, condamnés à se rincer l'oeil comme des collègiens prépubères. On s'en fout, le Turf prime. On a quarante minutes avant l'Arc. Une délégation part acheter des bières, une autre composée de moi même, du géant Nezguich et de l'imposant Nalex, part à la rencontre de l'éminent AT. Un coup de téléphone. Il est à l'autre bout de l'hippodrome. Nous marchons, fendant la foule avinée.

Rencontrer un "cyber-ami" est toujours un moment un peu spécial. Au final, vous ne connaissez la personne que par ce qu'elle écrit. C'est amplement suffisant pour distinguer le crétin congénital de l'authentique génie, mais cela laisse la place à un imaginaire fabuleux. Un peu comme ces sites de rencontre où la photo du profil n'est pas tellement raccord.

Vous connaissez le site d'AT, Galop de course. Ce mec, c'est un stakhanoviste. Un travail précis, lêché. En plus, il connaît les courses et les chevaux comme personne. Et il n'est qu'amateur, passionné. Alors quand je l'aperçois, tout simple avec son accréditation autour du cou et son appareil photo en bandoulière, je suis un peu surpris. C'est con, mais je pensais voir un type sapé à mort, inaccessible, qui m'en mette plein la vue. Même si Nezguich m'avait dit qu'il était très cool. On se salue, échangeons quelques impressions sur la victoire de Goldikova et la monte de Peslier, et puis comme il est d'usage, nous filons à la buvette. Nous y abondonnons Nalex, qui de majordome est à nouveau promu, portefaix cette fois, puisqu'il portera les bières. Et ne lui dites pas que majordome c'était mieux, sinon il va finir par demander un salaire. Nous partons ensuite au guichet. La fille d'AT est au rond de présentation, et lui envoie par téléphone les chevaux qu'elle aime bien.

A ce propos, je vous recommande le diaporama de Mademoiselle T à cet endroit.

 

AT va jouer des chevaux que Miss T a repéré. Moi, je vais jouer Planteur, monté Crastus. Je demande à Nezguich ce qu'il en pense. Il m'aime bien, alors il ne me rit pas au nez mais il m' explique que Crastus, il monte les Lellouche pour des raisons,disons...familliales. Et que au niveau perfs, c'est vraiment pas ça. Allez, Anthony, montre-leur, à ces incrédules. C'est ton jour de gloire. J'avais demandé aux copains leur favori pour la Grande Course, et eux, Nezguich et Hypo en tête, ils voyaient Cavalryman, avec Dettori. On a même apellé Donner pour avoir des nouvelle de Special Duty, et il nous a dit que cette année l'Arc serait anglais sans doute.  

Je pose, et on rebrousse chemin pour retrouver les autres en bord de piste. La foule commence à être dense. On récupère Nalex, devenu "porte-bière". En plus elles sont fraîches. Impossible de joindre les autres, à cause du bruit.  On essaye d'aller se poster en face du poteau, mais ça devient carrément difficile.

La course commence. Planteur a un leader, Pouvoir absolu. Il se place derrière lui, et se fait enmener comme ça jusqu'à la fausse ligne droite. Le peloton suit, Planteur se décale et prend la tête. Il est toujours devant au moment du démarrage, mais commence à être cravaché. Je le vois au loin, et sens mon argent s'envoler avec mes espoirs...Les attaques fusent de partout, deux missiles sortent du paquet, Workforce et Nakayama Festa, un japonais à trente contre un. Les deux s'expliquent un moment, mais l'anglais garde l'avantage. Clameur! Je regarde autour de moi, ce n'est que des embrassades et des tapages de mains. Je n'en reviens pas, ont dirait qu'ils ont tous touché. Il faut dire que la cote est passée de seize à huit contre un dans les dernières minutes. Nezguich me fait remarquer qu'il était favori du Racing Post, le "Paris Turf" anglais. On aurait dû commencer par là.

 

L'arrivée de l'Arc

 

Nous suivons la foule jusqu'au rond de présentation. En chemin, on se dit que ce Workforce c'était un coup tentable, vu qu'on savait que c'était un anglais qui gagnerait, il suffisait de jouer leur favori. Notre chauvinisme, enfin le mien, nous aura aveuglé une fois de plus. On attend celui que le sport a désigné "meilleur cheval du monde". C'est sûr qu'après Zarkava et Sea the Stars, on a l'impression de se reveiller d'un rêve génial.

 

Workforce et les photographes

 

 Enfin, il est chouette quand même le champion. Un impressionnant parterre de photographes lui fait face. Il reste stoïque, presque blasé. Là, il m'épate un peu. On suivra la suite de sa carrière, en espèrant qu'il y en ait une...

Nous accompagnons du regard la calèche qui enmène le Prince Abdullah, Michael Stoute l'entraîneur et son épouse, et Ryan L Moore, jeune mais talentueux jockey.

 

Le clan des vainqueurs part en calèche

 

Le Prince Karim, il a un petit air à la Iznogoud, mais en plus méchant. J'ai pas de photo, ce qui vous imposera de me croire sur parole. En tout cas, il vient de gagner la course la plus richement dotée du monde, et ça lui arrache même pas un sourire. Une joie interieure, sans doute.

 

Le Triomphe

 

 Nous, on est content pour lui quand même, et on écoute recueillis un God save the Queen du feu de Dieu. Et puis file à la buvette. AT, grand seigneur, nous offre une boutanche de Möet, sous le regard réprobateur de sa fille. Nous essayons mais pas trop de lui dire que c'est trop gentil, qu'il faut pas et tout et tout, mais on est tout joyeux quand la bouteille atterrit sur la table. Pschhiit font les bulles le long des parois des verres!

 

des bulles!

 

  Là, c'est un bon moment. Un de plus. Je supplie Nezguich de m'aider à faire le papier de la course des pur-sangs arabes, mais il s'en tamponne le coquillard. C'est un tort car c'est toujours les mêmes qui gagnent, ce qui simplifie la tâche du pronostiqueur. Je m'empêche de jouer Nayef Al Khalidia, et bien m'en prend puisqu'il finit dernier. Pour fêter ça, j'invite les copains à se cotiser pour payer une autre bouteille et on remet ça au son de la cornemuse.

 

 

God save ze Queen

 

Et Gladiateur, le vengeur de Waterloo, qui les regarde, les chasse d'un souffle de ses puissants nasaux!

 

Et nous voilà...                                                                                             

 

Rendez-vous aux pieds de Gladiateur

                                                                                                                                                

                                                                                                                                                    ...magnifiques! 

 

  Le temps de s'immortaliser, et voici que sonne l'heure du Turf. Le coup facile, évident, de l'après midi. Stacelita, propriété du richissime trader Martin Schwartz, qui s'offre des dadas à 350 000 comme vous une Swatch, va courir la suivante, le Prix de l'Opéra. Là, mes chéris, c'est caisse. D'ailleurs, il y a 2,5 contre 1. Oups, plus que 2.20! Pas grave puisque c'est caisse, y'a qu'à poser. Dites donc, l'an passé elle a gagné le Diane, j'y étais.

 

stacelita.jpg

 

C'est presque sans surprise que j'assiste à sa défaite. La simple évocation du coup caisse par votre serviteur rend son exécution impossible. J'y peux rien, c'est comme magique. Je me plains pas, on était des centaines dans cette galère. Battu par une anglaise qui vit chez nous, encore pire, une de celles qui vous parle encore mieux français que vous mais avec un accent à réveiller les volcans d'Auvergne. Même le belge s'est fait avoir. Soumillon; c'est lui qui la montait le coup d'avant. Je suppose qu'il avait le choix, non? Battue trois quart de longueur, la Stacé.

Gaspard et Hypo prennent le couplé et nous rincent la dalle. Je tourne vers Nezguich des yeux implorants: "le tuyau de ta belle-soeur, celui qui avait sauvé ma journée l'an passé, dis-le!"

Le scélérat a oublié de demander. Quel affront! Oser venir à Longchamp sans l'arme ultime du jeu en mutuel: le tuyau de la belle-soeur! Je suis abattu. Bride abattue même. Il va falloir que je trouve moi même dans le gros handicap de la dernière. Les tribunes se sont clairsemées. Je plisse les yeux sur mon Paris Turf à moitié déchiré et moi aussi. Le Crastus, pour avoir eu raison d'y avoir cru avec Planteur. Nezguich, soutenu par Hypo, je crois, joue Rento, un beau blanc.

 

Farhan.jpg

 

La photo, c'est celle de l'an passé. Je crois que celui de la B.S était Farhan.

 

Mon Crastus finit 6ème, avec le Bosphore. Rento, nez au vent tout le parcours, finit dans la pampa. Un mot encore sur mon copain Crastus (je suis pas rancunier et fidèle supporter). Il a été distancé pour gêne avec Planteur, et finit dernier de l'Arc. Quelques jours plus tard, on annoncera qu'il est remplacé par Soumillon pour monter les Wildenstein, puissante écurie de groupe. Au moment où je vous écris, il gagne une ou deux courses par jour. Réaction d'orgueil? Ou bien il me lit. La gloire!

 

AT a dû partir. Nous errons sur l'hippodrome, râtissant au passage les dernières bières.

Ambiance de fin de fête. Et puis l'un d'entre nous a une idée...Et si on allait sur la piste!

On fonce direct, comme des fous. Nous enjambons les balustrades, nous sautons des haies, des clôtures et je ne sais quels autres obstacles. A moins que nous ne franchissions un portillon, l'émotion m'égare! Nous sommes sur la piste.

 

 

Les Rois de Longchamp

 

L'herbe est épaisse, presque apétissante. nous apercevons du crottin. L'un d'entre nous affirme que c'est de Goldikova. J'hésite à en mettre dans les poches de ma veste.

Nous vérifions la souplesse du terrain, annoncé très souple". En effet, c'est bien élastique, moelleux. Je retiens Bobby,qui, dans un élan aussi pur que fusionnel, veut faire le test du pénétromètre. Gaspard, tel un Edouard de Rotschild échevelé organise subito une dixième course, sorte de "Qatar Arcade de Triomphe" (merci à maître Hypo pour cette blague dont je me repaîs encore avec délice).

 

 

Nezguich d'une tête

 

Cette épreuve réunit les meilleurs étalons de leur génération. Aucun pronostiqueur ne se risquerait à emettre un oracle dans une épreuve aussi indécise, et c'est au terme d'une ligne droite de feu que Lord Nezguich s'impose d'une tête. Fabuleux! C'est un délire dans les travées, où les papiers gras s'entrechoquent avec les gobelets en plastique. Le retour aux écuries est triomphal. 

Nous y croisons Rento.

 

 Rento

 

 

Il nous dit quelquechose mais nous ne comprenons pas à cause de sa muselière.

Nous accédons au carré VIP, y prélevons les dernières bibines avant fermeture. A une table proche, deux blacks en costards nous dévisagent. Nezguich écarte les bras et s'écrie: "Willy, tu me remets?" S'ensuit une éffusion, brève parcequ'on est pas des tapettes. Il s'avère que Nenez' a rencontré ce Willy il y a dix ans, sur un hippodrome, et qu'il l'avait aperçu mais pas recroisé depuis. Ce willy est un drôle de mec, passionné de courses et de musique. Il nous fait un mini show à base de "tu vois ce que je veux dire, il me donne leur gen-ar, ces bouffons quand ils jouent Bekhabad, Workforce y avait que ça" ou autre "les keums ils me regardent de haut quand ils voient un petit renoi avec des dreads qui tchatche avec Peslier, mais moi je touche parceque les bons tubes ils les file pas à ces caves" et il nous sort une grosse liasse de billets.

 

Avec Willy Turf

 

Encore un phénomène. Il a un site internet.Ici.

 

La nuit est tombée. Bobby a disparu, poursuivi par une anglaise furieuse. Sa silhouette s'évanouit dans les brumes du bois de Boulogne.

 Les héros sont fatigués. Il est temps de rentrer. Nalex, devenu lad, nous passe au jet, puis nous remet dans le van avec une botte de...

 

Allez, dans le van!

 

...foin.

Par slipman
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Dimanche 26 septembre 2010 7 26 /09 /Sep /2010 21:17

A l'occasion du Qatar Prix de l'Arc de Triomphe, le blog du Slipman est heureux de vous convier à venir partager un moment de détente, entre amis, sur l'hippodrome de Longchamp. Quelques personnalités du monde de courses seront présentes, comme par exemple le pronostiqueur vedette Nezguich, le talentueux et romanesque Hypo, ou encore le mysterieux et excellent Sermar. Une délégation nordiste sera de la partie, avec en tête (de gondole) Bobby le dieu barbu, le treflé Pascalou et l'avenant Arnaud. Gaspard menera une cohorte sudiste à laquelle j'ai en vain tenter de faire adhérer le vénérable Rogersteph. J'essaie de choper AT et Charlie.

J'oublie des convives? Dites, dites, car plus nous serons de fous, et plus nous (pa)rirons.

 

Arc-2009-006.jpg

 

Vous me ferez remarquer aigrement que tout ça manque cruellement de présence féminine, mais je vous répondrai sombrement que mes tentatives pour sympathiser avec la dame Soumillon, qui m'auraient ouvert les portes du gynécée hippique, sont restés vaines. Au mieux,  croiserez-vous Madame Dati, qui se bat en ce moment avec des troubles de la diction.

Le reste sent la bière tiède et coûteuse, mais pourquoi pas une coupe de Moët, si nous somme inspirés.

 Vive le mutuel! 

 

Des invitations gratuites étaient téléchargeables. Je n'y arrive point. Si quelqu'un peut m'aiguiller...D'avance merci!

Par slipman
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 22:38

Le week-end dernier, nous nous sommes rendus sur l'hippodrome de Divonnes les bains. Mais pour y faire quoi, nom d'un p'tit bonhomme?? Encore pour combiner de sombres et sournoises machinations? Pour vérifier si les pronos de Jipé étaient mieux sur place ou à emporter? Pour voir un turfiste reconverti en éleveur-entraîneur de trotteur? Ou simplement pour s'envoyer de grandes lampées de champagne qui coûte cher?

Pour tout cela, les amis, pour tout cela...Et peut-êtreplus encore...

 

Divonnes

 

-Qui c'est qu'est bonne, c'est la Divonnes!

Par slipman
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